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La Birmanie, Le Thaing Bando

La Birmanie, Le Thaing Bando
19ème ET 20ème SIÈCLES
LA BIRMANIE SOUS L'OCCUPATION BRITANNIQUE

Avec l'occupation britannique de la Birmanie en 1885, les sports traditionnels déclinent peu à peu. Les britanniques réalisent le danger de maintenir les traditions de combat et font en sorte de décourager et punir les pratiquants des anciens sports de combat birmans. Les articles 109 et 110 du code de procédure criminelle imposés par le gouvernement anglais, classent les boxeurs birmans et les pratiquants de Bando parmi les criminels. La boxe birmane disparaît complètement en Nord Birmanie. Très peu de bourgs et villages en Sud Birmanie perpétuent leur art à travers des démonstrations et à l'occasion de festivités. Des règles très strictes étaient imposées pour ces démonstrations. Les boxeurs devaient combattre pour amuser le public. Le grand art de combattre, de "roi guerrier birman", déclina au niveau d'un amusement pour fermiers les jours de fête. Les grands boxeurs birmans, de peur d'être arrêtés comme criminels, ne combattaient plus en public. Des combats secrets étaient organisés à Thaton, Pégu, Tavoy, Twente et dans de nombreux bourgs. De nombreux boxeurs birmans qui refusaient les nouvelles règles quittèrent la Birmanie pour combattre en Thaïlande. Parmi les grands maîtres du milieu du siècle ayant exercé leur art chez les voisins thaïlandais on trouve :

- Début 1940, Saya Po Thit part pour la Thaïlande et combat à Cheingmai, à Chengrai... et plus tard à Bangkok. Après avoir vaincu tous les champions locaux, il reste en Thaïlande pour apprendre le Muay-Pama traditionnel. Saya Po Thit est un maître en technique de jambe et genou.
- Sara Mein Sa, un autre grand boxeur né à Tavoy, en Birmanie du sud, part en Thaïlande du sud où il fait de nombreux combats. Son style était nommé Muay Mon.

- Tara Saw Ni est réputé pour être le plus grand technicien de Muay Karan (système de boxe Kayac). Même après quarante ans, il continue à vaincre des adversaires beaucoup plus jeunes. La plupart de ses combats étaient organisés par les Karens en Birmanie ou en Thaïlande. Saw Ni était réputé pour ses esquives, coup de tête et techniques de jambe.

SECONDE GUERRE MONDIALE,
L'OCCUPATION JAPONAISE DE LA BIRMANIE
En 1941, l'armée indépendante Birmane soutient l'invasion japonaise contre le Royaume Uni, à partir de la Thaïlande. Les troupes britanniques sont repoussées aux Indes. Beaucoup de nationalistes birmans furent enthousiastes à l'égard du libérateur. Le programme "Trust Japon" (confiance au Japon) fut mis en place à travers le pays. Les Japonais mirent en place de nombreux projets éducatifs, sociaux, culturels, religieux et d'échange culturel entre les deux nations. C'est ainsi que naquit The Japonese Burmese Association, conçue pour restaurer les anciens arts de combat birmans, sous contrôle japonais. Judo, Ju-jitsu et autres arts martiaux furent introduits. Les vieux maîtres de Bando furent concertés pour un échange de connaissances et de techniques. La boxe et le Bando furent en partie ressuscités, modifiés et codifiés. Mais, rapidement, les Birmans sentirent l'enthousiasme envers leurs libérateurs changer en méfiance, puis en haine. Ce changement était principalement dû aux agissements du Nippon Kampetai, police militaire japonaise qui avait pour modèle la Gestapo nazie. Torture publique, massacres, toutes sortes de forfaits furent perpétrés sur les hommes, femmes et enfants ; les prêtres bouddhistes en pâtirent également. L'armée Birmane prit le maquis et retrouva les alliés. Les forces japonaises enregistrèrent plus de 150.000 morts, blessés et disparus, dans quelques-unes des plus grandes batailles de l'histoire du Sud-Est asiatique.

1946,
L'INDÉPENDANCE BIRMANE
Le 4 Janvier 1946, la Birmanie obtint son indépendance de la Grande Bretagne. La Birmanie étant le champ de bataille du Sud-Est asiatique. Ses industries, mines, raffineries, manufactures, routes et écoles furent détruites. Economiquement, jusqu'à présent, la Birmanie ne s'est pas remise des conséquences de la guerre. De nos jours, le comité des sports birmans et de l'éducation physique, organise annuellement des combats à Rangoon le 1er mai et pendant les fêtes de l'indépendance, au mois de janvier, pour restaurer l'ancien sport des rois. Mais les gens qui conservent la tradition de l'art sont les paysans du Sud-Est birman. Des tournois sont organisés d'octobre à avril. Les boxeurs vont de ville en ville prendre part aux tournois locaux. Pour le moment, il n'y a pas officiellement de boxeur professionnel s'entraînant régulèrent à plein temps en Birmanie contrairement à la Thaïlande, où la boxe a pris des proportions énormes.

Le 9 mars 1946, U Ba Than (Gyi), alors ministre des sports, fonda l'Association Nationale de Bando à Mandalay pour restaurer et codifier les arts martiaux birmans pratiquement disparus. Le travail avait été entamé par la création du Military Athletic Club, fondé en 1933 par neuf officiels, dont U Ba Than (Gyi) faisait parti. Dans les villes de Mandalay, Maymyo, Thaton, Bhamp, Tavoy et Twente, il fit la promotion de nombreux matchs, avec des règles adaptées pour attirer les jeunes. À Bhamo, 96 jeunes boxeurs de 15 à 18 ans s'engagèrent dans le tournoi. Il essaya le système de 3 rounds de 2 minutes avec une minute de repos entre chaque round. Les jeunes boxeurs ne devaient pas employer les coups de tête, les coups de coudes et projections ; seules les techniques de pied, de poing et genou étaient permises. Le tournoi fut organisé au lycée de Bhamo. Les gants de boxe occidentaux étaient introuvables à cette époque, il acheta donc plusieurs paires de chaussettes de laine à la base militaire voisine et couvrit les mains des boxeurs avec plusieurs couches. Il mit aussi une épaisseur de cuir couvrant les dents boxeurs et leur badigeonna la face d'huile de coco. L'expérience fut un grand succès, il n'y eut aucune blessure grave, le public, et les boxeurs prirent un réel plaisir. Il organisa un autre tournoi trois mois plus tard dans la même ville, plus de 200 boxeurs des villages et villes voisines étaient présents. Ce fut un succès fantastique.

En 1949, U Ba Than (Gyi) organisa d'autres tournois à Mandalay, Thaton et en 1950 à Twente, Tavoy et Moulmein. Son succès confirma sa théorie : le Thaing pouvait revivre en étant modifié et adapté aux besoins d'aujourd'hui. Et lorsque le style doux du Bando fusionne avec le style du Bama Lethwei un sport plus humain et plus moderne apparaît.

En Mars 1950, il met en place les lois du Bando Burmese Boxing (Boxe Birmane), mélangeant les styles durs et doux des anciens Birmans. Il fonde également l'I.B.A. (International Bando Association), fédération gérant les destinées mondiales des arts martiaux birmans. Mais la rébellion Karen et l'insurrection communiste en Birmanie interrompt son projet de transformer la boxe birmane en un sport de combat moderne.

Après sa retraite du Ministère de l'Education, il emploie la plupart de son temps, avec l'aide de vieux maîtres de Thaing, à mettre en place les systèmes de Bando, Banshay, Naban et Lethwei. Il codifie les différentes techniques de blocage, de techniques de poings, de déplacement, etc., ainsi que les programmes de préparation adéquates des jeunes athlètes. Plusieurs techniques sont testées et modifiées. Son rêve de restaurer le Thaing en un sport moderne, national, avec un programme éducatif complet, fut interrompu, une fois de plus, cette fois par son décès.

Le docteur Maung Gyi, son fils aîné, aux U.S.A. depuis 1959, eut donc pour mission : de perpétuer, d'apprendre et de promouvoir le système Thaing Bando.
# Posté le vendredi 01 juillet 2005 12:43
Modifié le samedi 20 août 2005 16:21

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