HISTOIRE DE L'ESkRIMA
Située dans une zone géographique ou les civilisations indiennes, asiatiques, arabes et européennes se rencontrent, se mélangent et s'affrontent, la culture philippine à réussit à s'enrichir de nombreux systèmes martiaux tout en cultivant une spécificité martiale unique. Parmi les premières influences, dont il est difficile de remonter au delà du XVe siècle, c'est la culture indienne, et les systèmes martiaux liés au kalaripayat des mercenaires Naïrs du Kerala, qui a transmis la théorie des points vitaux , vraisemblablement d'origine chinoise puisque les Indiens eux même les appellent les « china ati » (points chinois). Ils sont utilisés dans l'Escrima afin de détruire les liaisons nerveuses. On retrouve aussi aux Philippines une technique de massage appelé « Hilot » qui possède des points communs avec la médecine ayurvédique. Les archipels indonésiens et la péninsule malaise avaient développé des arts martiaux variés désignés et réunis sous le terme général de « Penchak Silat » (combat éclair) dans les années 1940. La légende des 10 Datus, c'est à dire les dix « chefs » (professeurs, maîtres... ?) musulmans de Malaisie qui se réfugièrent aux Philippines, est certainement liée à la naissance d'une forme philippine de ces arts du combat qui évolueront ensuite d'une manière indépendante. Les voyageurs et les marchands arabes, dès les débuts de la conversion islamique de l'Asie du Sud Est, avaient apporté un système de combat au bâton originaire d'Egypte appelé « Tahteb ». On utilisait cette forme de combat, depuis la plus haute antiquité, comme entraînement de base au maniement des armes. La civilisation chinoise exercera une influence considérable dans toute l'Asie du sud-est, et il n'est pas étonnant de retrouver aux Philippines des formes de combat comme le Kun-Tao, un art martial proche du vieux Kempo chinois. Il faut aussi prendre en compte les techniques de Shugijutsu, d'Aïki Jutsu ou de Kenjutsu, transmise de manière informelle par l'intermédiaire des nombreuses colonies japonaises des philippines dès le XVe siècle. Mais ce qui retiendra plus particulièrement l'attention des lecteurs européens, c'est l'influence certaine des arts martiaux d'Europe sur l'évolution de l'Escrima. A partir de l'année 1521, lorsque Magellan s'interposa fatalement dans les affaires philippines, l'influence de l'Espagne ne cessa de croître jusqu'à la colonisation presque complète de l'archipel. Les conquistadores apportaient avec eux une organisation militaire bien rôdée et un système de combat efficace qui leur avait permis de conquérir en quelques années les Empires aztèques et incas, et de poser les jalons d'un vaste Empire englobant les quatre continents. Le passe-temps favori des espagnols de la lointaine colonie des îles Philippines était bien évidemment l'escrime, et on peut retrouver, encore aujourd'hui les influences du style espagnol dans la capacité des escrimadors à penser en termes géométriques, à développer un art martial basé sur la notion d'angles d'attaques- angles-mort- etc... et à utiliser des formes géométriques pour codifier le déplacement des combattants. Les Espagnols livrèrent ainsi des combats acharnés aussi bien contre les Hollandais, les Chinois et les Japonais. Ainsi en 1574, le chef Chinois Limahong et ses auxiliaires japonais, sont repoussés devant Manille par une armée de Philippins et d'Espagnols commandée par le conquistador Lezgapi. Le pirate Limahong s'échappe et réussit à fonder une communauté à Pangasinan. Les pirates Japonais, quant à eux, s'installent à Dilao, San Miguel (Bulacan), et Cagayan. En 1582 les Espagnols envoient une expédition contre le pirate japonais Tayfusa qui contrôle le nord de Luçon. En 1608, après de durs combat, le quartier japonais de Dilao est détruit. Le pirate chinois Koxinga (Zhenh Chenggong- 1624-1662) qui avait chassé les Hollandais de Taiwan en 1661 avait créé un royaume pirate qui menaçait directement les Philippines. Le royaume de Koxinga ainsi que le royaume de Hadian et la migration des Hmongs, donneront d'ailleurs naissances aux sociétés secrètes anti-mandchoues comme la Triade (Sanhehui) et la Société du ciel et de la terre mais aussi les fameux « Pavillons Noirs » de 1865 qui infligèrent de sévères défaites aux troupes coloniales Françaises en 1873 et 1883. La communauté chinoise de Manille se révolta à trois reprises en 1603, 1636, et 1762 ; quand aux Moros de Mindanao, ils ne furent jamais complètement soumis. Nous voyons donc que les Espagnols et leurs « alliés » philippins, avaient appris à se battre contre des adversaires très différents, aussi bien contre les techniques de combat issues des systèmes chinois, mais aussi, à partir du XVIIe siècle, contre les mercenaires indonésiens armés de Kriss, qui combattaient pour le compte des Hollandais de la V.O.C (Compagnie des Indes Orientales), ils durent aussi faire face aux terribles Katanas des pirates japonais. Les îles Philippines qui dépendaient du vice royaume du Mexique, fonctionnaient économiquement sur « le système du galion » qui consistait à acheter des soieries et des épices aux Chinois pour être revendues à Acapulco contre un bénéfice considérable. Protéger la ligne commerciale vers le Mexique était donc vital pour les Espagnols. Ce sont les Chrétiens japonais réfugiés aux Philippines à partir de 1614 qui deviendront des mercenaires d'élite, se spécialisant dans la défense des galions. (l'épave du San Miguel retrouvé aux Philippines a livré un nombre impressionnant de « Katanas »).
L'époque moderne de l'Eskrima commence aux alentours du XIXe siècle dans une école d'escrime de Manille, dirigée par Don Jose de Azes qui y enseignait un escrime de style espagnol. Cette école s'appelait simplement la Tanghalan ng Sandata (Salle d'armes en Tagalog... ). Il s'agissait en réalité de la « salle d'armes » du collège Jésuite de l'Ateneo de Manilla réservé à l'aristocratie et aux riches famille hispano-philippines appelés « Illustrados ». Quelques années plus tard, c'est un élève de cette salle d'arme qui deviendra le principal leader indépendantiste philippin. Il s'agit de José Rizal, personnage énigmatique, éduqué dans les meilleures universités européennes et archétype paradoxal d'une figure romantique typiquement européenne qui laissa une ½uvre littéraire remarquable avec ses roman « Noli me tangere » et « Il Flibustisrismo » C'est aux cours de ses études en Espagne, en France et en Allemagne qu'il découvre les idées nationalistes et romantiques qui secouent les Empires européens depuis la Pologne jusqu'à la France.. Rizal rêve d'un « nationalisme » philippin forgé dans la lutte contre le colonisateur espagnol. Pour arriver à ses fins, Rizal, fort de son expérience de Franc-maçon, crée une série d'organisations secrètes. Il fonde ainsi la Ligue Philippine de Hong Kong en 1891(ou les Franc-maçons sont dominants). Evénement historique considérable c'est dans la nuit du 7 juillet 1892, que les conspirateurs Valentin Diaz, Teodoro Plata, Ladislao Diva et Deodato Arellano se réunissent dans une maison de la rue Azcarranga à Manille (aujourd'hui, Claro. M Recto avenue) pour assister à la création de la société secrète d'Andrès Bonifacio, la Katipunan ( Ang Kataastaasan Kagalanggalangang Katipunan ng Anak ng Bayan- La Grande et très honorable fraternité des enfants du peuple), aussi désignée sous l'acronyme K.K.K. qui sera présent sur de nombreux drapeaux révolutionnaires ( Tous les leaders de la Katipunam étaient Francs-maçons). José Rizal sera désigné "de facto" comme président d'honneur alors que celui ci était opposé à une révolution violente. .Le rôle de la Katipunan était effectivement l'organisation de l'insurrection générale des Philippines et la préparation d'une force révolutionnaire capable de combattre les troupes coloniales. Fort de leur expérience dans les arts martiaux européens et philippins acquis dans les salles d'arme des collèges jésuites ou dominicains, les chefs de la conspiration mettent au point une organisation militaire basée sur le combat à l'arme blanche (bolos et dagues) afin de palier au manque d'armes à feux. Après la capture de Rizal lors de son voyage vers Cuba et son exécution aux Philippines en 1892, les révolutionnaires lancent l'insurrection armée, mais celle ci s'enlise dans les divisions internes de la Katipunan. La lutte de pouvoir chez les révolutionnaires culmina avec l'assassinat de son leader Bonifacio. En 1898, la guerre hispano-américaine à Cuba et aux Philippines voit les anciennes colonies espagnoles changer de maîtres. Parmi les partisans étrangers de la Katipunan citons l'écrivain américain Mark Twain qui écrivit un article célèbre « La plus grande plaisanterie du siècle », il fustigea ainsi la traité ou les USA « achetaient » la colonie espagnole pour 20 millions de $, alors que les Espagnols avaient perdu les îles... Mark Twain tenta aussi (vainement) de rallier le jeune Winston Churchill à la cause de la société Katipunan- « Et si vous-même deviez lutter pour votre indépendance ? lui demanda l'écrivain. »(lors de la seconde Guerre mondiale le Premier ministre britannique se souvint très certainement des paroles de Mark Twain lorsqu'il dut lutter contre les armées nazies...) Le manque de fusils chez les révolutionnaires sauva certainement les arts martiaux philippins de disparition... car les chefs militaires de l'insurrection durent utiliser le goût prononcé des Philippins pour toutes sortes de combats et de duels... On raconte ainsi qu'au XVIIIe siècle, les autorités coloniales avaient essayées d'interdire l'utilisation d'armes tranchantes dans les îles philippines, ce qui aurait donné naissance à l'Escrima... Cette « histoire » édifiante de lutte contre un pouvoir colonial tyrannique qui prohibe l'usage du fer semble cependant trop proche des événements qui donnèrent naissance au Karaté d'Okinawa pour être vraie... Quoiqu'il en soit il paraît plus probable que les autorités voyaient d'un mauvais ½il ce qui ressemblait à des signes martiaux ostentatoires comme le port simultané de la dague et du bolos car il est indéniable que les Philippins, avaient observé les duels entre espagnols, et avaient adapté l'escrime européenne à leurs coutumes locales des duels à mort. Ces fameux duels appelés « patayan » étaient motivés par le seul désir de démontrer une supériorité martiale sur un adversaire. Si les Philippins les plus pauvres n'avaient pas les moyens, ni la possibilité légale de posséder des armes rares et onéreuses comme les rapières forgées en Europe (sauf les « Illustrados »), ils pouvaient par contre utiliser ce qu'ils avaient sous la main en permanence la machette et le poignard. On comprend, dès lors, la crainte des Espagnols de se confronter militairement à une population entraînée quotidiennement aux arts du combat... Pour éviter les rigueurs de la justice coloniale et s'entraîner en paix (et en sécurité...), la plupart des escrimadors remplacèrent alors les armes tranchantes par des bâtons de différentes longueurs. Paradoxalement, l'utilisation des bâtons permit d'améliorer les méthodes d'entraînement, tout en poussant la technique des angles d'attaque hérité du style espagnol vers une plus grande complexité, et une évolution vers un véritable art martial, ou les techniques sont liées entre elles à l'intérieur de systèmes différents, cherchant tous à leur à leurs manière une voie originale vers le combat extrême ou « combate general ». Cette voie martiale perdura ainsi sous la forme meurtrière des Patayan jusque dans les années 1950, pour laisser place aux systèmes de l'Eskrima moderne (orthographié avec un « K »), moins sanglants, mais toujours aussi efficaces...
Située dans une zone géographique ou les civilisations indiennes, asiatiques, arabes et européennes se rencontrent, se mélangent et s'affrontent, la culture philippine à réussit à s'enrichir de nombreux systèmes martiaux tout en cultivant une spécificité martiale unique. Parmi les premières influences, dont il est difficile de remonter au delà du XVe siècle, c'est la culture indienne, et les systèmes martiaux liés au kalaripayat des mercenaires Naïrs du Kerala, qui a transmis la théorie des points vitaux , vraisemblablement d'origine chinoise puisque les Indiens eux même les appellent les « china ati » (points chinois). Ils sont utilisés dans l'Escrima afin de détruire les liaisons nerveuses. On retrouve aussi aux Philippines une technique de massage appelé « Hilot » qui possède des points communs avec la médecine ayurvédique. Les archipels indonésiens et la péninsule malaise avaient développé des arts martiaux variés désignés et réunis sous le terme général de « Penchak Silat » (combat éclair) dans les années 1940. La légende des 10 Datus, c'est à dire les dix « chefs » (professeurs, maîtres... ?) musulmans de Malaisie qui se réfugièrent aux Philippines, est certainement liée à la naissance d'une forme philippine de ces arts du combat qui évolueront ensuite d'une manière indépendante. Les voyageurs et les marchands arabes, dès les débuts de la conversion islamique de l'Asie du Sud Est, avaient apporté un système de combat au bâton originaire d'Egypte appelé « Tahteb ». On utilisait cette forme de combat, depuis la plus haute antiquité, comme entraînement de base au maniement des armes. La civilisation chinoise exercera une influence considérable dans toute l'Asie du sud-est, et il n'est pas étonnant de retrouver aux Philippines des formes de combat comme le Kun-Tao, un art martial proche du vieux Kempo chinois. Il faut aussi prendre en compte les techniques de Shugijutsu, d'Aïki Jutsu ou de Kenjutsu, transmise de manière informelle par l'intermédiaire des nombreuses colonies japonaises des philippines dès le XVe siècle. Mais ce qui retiendra plus particulièrement l'attention des lecteurs européens, c'est l'influence certaine des arts martiaux d'Europe sur l'évolution de l'Escrima. A partir de l'année 1521, lorsque Magellan s'interposa fatalement dans les affaires philippines, l'influence de l'Espagne ne cessa de croître jusqu'à la colonisation presque complète de l'archipel. Les conquistadores apportaient avec eux une organisation militaire bien rôdée et un système de combat efficace qui leur avait permis de conquérir en quelques années les Empires aztèques et incas, et de poser les jalons d'un vaste Empire englobant les quatre continents. Le passe-temps favori des espagnols de la lointaine colonie des îles Philippines était bien évidemment l'escrime, et on peut retrouver, encore aujourd'hui les influences du style espagnol dans la capacité des escrimadors à penser en termes géométriques, à développer un art martial basé sur la notion d'angles d'attaques- angles-mort- etc... et à utiliser des formes géométriques pour codifier le déplacement des combattants. Les Espagnols livrèrent ainsi des combats acharnés aussi bien contre les Hollandais, les Chinois et les Japonais. Ainsi en 1574, le chef Chinois Limahong et ses auxiliaires japonais, sont repoussés devant Manille par une armée de Philippins et d'Espagnols commandée par le conquistador Lezgapi. Le pirate Limahong s'échappe et réussit à fonder une communauté à Pangasinan. Les pirates Japonais, quant à eux, s'installent à Dilao, San Miguel (Bulacan), et Cagayan. En 1582 les Espagnols envoient une expédition contre le pirate japonais Tayfusa qui contrôle le nord de Luçon. En 1608, après de durs combat, le quartier japonais de Dilao est détruit. Le pirate chinois Koxinga (Zhenh Chenggong- 1624-1662) qui avait chassé les Hollandais de Taiwan en 1661 avait créé un royaume pirate qui menaçait directement les Philippines. Le royaume de Koxinga ainsi que le royaume de Hadian et la migration des Hmongs, donneront d'ailleurs naissances aux sociétés secrètes anti-mandchoues comme la Triade (Sanhehui) et la Société du ciel et de la terre mais aussi les fameux « Pavillons Noirs » de 1865 qui infligèrent de sévères défaites aux troupes coloniales Françaises en 1873 et 1883. La communauté chinoise de Manille se révolta à trois reprises en 1603, 1636, et 1762 ; quand aux Moros de Mindanao, ils ne furent jamais complètement soumis. Nous voyons donc que les Espagnols et leurs « alliés » philippins, avaient appris à se battre contre des adversaires très différents, aussi bien contre les techniques de combat issues des systèmes chinois, mais aussi, à partir du XVIIe siècle, contre les mercenaires indonésiens armés de Kriss, qui combattaient pour le compte des Hollandais de la V.O.C (Compagnie des Indes Orientales), ils durent aussi faire face aux terribles Katanas des pirates japonais. Les îles Philippines qui dépendaient du vice royaume du Mexique, fonctionnaient économiquement sur « le système du galion » qui consistait à acheter des soieries et des épices aux Chinois pour être revendues à Acapulco contre un bénéfice considérable. Protéger la ligne commerciale vers le Mexique était donc vital pour les Espagnols. Ce sont les Chrétiens japonais réfugiés aux Philippines à partir de 1614 qui deviendront des mercenaires d'élite, se spécialisant dans la défense des galions. (l'épave du San Miguel retrouvé aux Philippines a livré un nombre impressionnant de « Katanas »).
L'époque moderne de l'Eskrima commence aux alentours du XIXe siècle dans une école d'escrime de Manille, dirigée par Don Jose de Azes qui y enseignait un escrime de style espagnol. Cette école s'appelait simplement la Tanghalan ng Sandata (Salle d'armes en Tagalog... ). Il s'agissait en réalité de la « salle d'armes » du collège Jésuite de l'Ateneo de Manilla réservé à l'aristocratie et aux riches famille hispano-philippines appelés « Illustrados ». Quelques années plus tard, c'est un élève de cette salle d'arme qui deviendra le principal leader indépendantiste philippin. Il s'agit de José Rizal, personnage énigmatique, éduqué dans les meilleures universités européennes et archétype paradoxal d'une figure romantique typiquement européenne qui laissa une ½uvre littéraire remarquable avec ses roman « Noli me tangere » et « Il Flibustisrismo » C'est aux cours de ses études en Espagne, en France et en Allemagne qu'il découvre les idées nationalistes et romantiques qui secouent les Empires européens depuis la Pologne jusqu'à la France.. Rizal rêve d'un « nationalisme » philippin forgé dans la lutte contre le colonisateur espagnol. Pour arriver à ses fins, Rizal, fort de son expérience de Franc-maçon, crée une série d'organisations secrètes. Il fonde ainsi la Ligue Philippine de Hong Kong en 1891(ou les Franc-maçons sont dominants). Evénement historique considérable c'est dans la nuit du 7 juillet 1892, que les conspirateurs Valentin Diaz, Teodoro Plata, Ladislao Diva et Deodato Arellano se réunissent dans une maison de la rue Azcarranga à Manille (aujourd'hui, Claro. M Recto avenue) pour assister à la création de la société secrète d'Andrès Bonifacio, la Katipunan ( Ang Kataastaasan Kagalanggalangang Katipunan ng Anak ng Bayan- La Grande et très honorable fraternité des enfants du peuple), aussi désignée sous l'acronyme K.K.K. qui sera présent sur de nombreux drapeaux révolutionnaires ( Tous les leaders de la Katipunam étaient Francs-maçons). José Rizal sera désigné "de facto" comme président d'honneur alors que celui ci était opposé à une révolution violente. .Le rôle de la Katipunan était effectivement l'organisation de l'insurrection générale des Philippines et la préparation d'une force révolutionnaire capable de combattre les troupes coloniales. Fort de leur expérience dans les arts martiaux européens et philippins acquis dans les salles d'arme des collèges jésuites ou dominicains, les chefs de la conspiration mettent au point une organisation militaire basée sur le combat à l'arme blanche (bolos et dagues) afin de palier au manque d'armes à feux. Après la capture de Rizal lors de son voyage vers Cuba et son exécution aux Philippines en 1892, les révolutionnaires lancent l'insurrection armée, mais celle ci s'enlise dans les divisions internes de la Katipunan. La lutte de pouvoir chez les révolutionnaires culmina avec l'assassinat de son leader Bonifacio. En 1898, la guerre hispano-américaine à Cuba et aux Philippines voit les anciennes colonies espagnoles changer de maîtres. Parmi les partisans étrangers de la Katipunan citons l'écrivain américain Mark Twain qui écrivit un article célèbre « La plus grande plaisanterie du siècle », il fustigea ainsi la traité ou les USA « achetaient » la colonie espagnole pour 20 millions de $, alors que les Espagnols avaient perdu les îles... Mark Twain tenta aussi (vainement) de rallier le jeune Winston Churchill à la cause de la société Katipunan- « Et si vous-même deviez lutter pour votre indépendance ? lui demanda l'écrivain. »(lors de la seconde Guerre mondiale le Premier ministre britannique se souvint très certainement des paroles de Mark Twain lorsqu'il dut lutter contre les armées nazies...) Le manque de fusils chez les révolutionnaires sauva certainement les arts martiaux philippins de disparition... car les chefs militaires de l'insurrection durent utiliser le goût prononcé des Philippins pour toutes sortes de combats et de duels... On raconte ainsi qu'au XVIIIe siècle, les autorités coloniales avaient essayées d'interdire l'utilisation d'armes tranchantes dans les îles philippines, ce qui aurait donné naissance à l'Escrima... Cette « histoire » édifiante de lutte contre un pouvoir colonial tyrannique qui prohibe l'usage du fer semble cependant trop proche des événements qui donnèrent naissance au Karaté d'Okinawa pour être vraie... Quoiqu'il en soit il paraît plus probable que les autorités voyaient d'un mauvais ½il ce qui ressemblait à des signes martiaux ostentatoires comme le port simultané de la dague et du bolos car il est indéniable que les Philippins, avaient observé les duels entre espagnols, et avaient adapté l'escrime européenne à leurs coutumes locales des duels à mort. Ces fameux duels appelés « patayan » étaient motivés par le seul désir de démontrer une supériorité martiale sur un adversaire. Si les Philippins les plus pauvres n'avaient pas les moyens, ni la possibilité légale de posséder des armes rares et onéreuses comme les rapières forgées en Europe (sauf les « Illustrados »), ils pouvaient par contre utiliser ce qu'ils avaient sous la main en permanence la machette et le poignard. On comprend, dès lors, la crainte des Espagnols de se confronter militairement à une population entraînée quotidiennement aux arts du combat... Pour éviter les rigueurs de la justice coloniale et s'entraîner en paix (et en sécurité...), la plupart des escrimadors remplacèrent alors les armes tranchantes par des bâtons de différentes longueurs. Paradoxalement, l'utilisation des bâtons permit d'améliorer les méthodes d'entraînement, tout en poussant la technique des angles d'attaque hérité du style espagnol vers une plus grande complexité, et une évolution vers un véritable art martial, ou les techniques sont liées entre elles à l'intérieur de systèmes différents, cherchant tous à leur à leurs manière une voie originale vers le combat extrême ou « combate general ». Cette voie martiale perdura ainsi sous la forme meurtrière des Patayan jusque dans les années 1950, pour laisser place aux systèmes de l'Eskrima moderne (orthographié avec un « K »), moins sanglants, mais toujours aussi efficaces...