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Le Tibet, Le Sengueï Ngaro

Le Tibet, Le Sengueï Ngaro
C'est aux alentours du XV ème siècle que les moines tibétains se virent dans l'obligation de créer une technique de défense - qui deviendra par la suite un véritable art martial - ceci afin de se défendre contre les mauvaises actions exécutées par des Khampas.
Ces bandits tibétains, réputés pour leur art de la guerre et leur férocité au combat, résidaient dans la région orientale du Tibet : le Kham. A cette époque, ils enlevaient régulièrement des hauts dignitaires de monastères, des “ précieux ” lamas de haut rang, très vénérés ; ainsi que des lamas médecins les Amchi. Ils exigeaient alors des rançons énormes et, une fois leur otage libéré, recommençaient aussitôt leurs méfaits.

C'est dans ce climat d'insécurité constante que naquirent les premières techniques martiales du Sengueï Ngaro. Cet art vît le jour dans une région du Kham et fut fondé par un lama bouddhiste nommé Lama Daidot. Ce lama aurait résidé par la suite dans un temple près de Débrung , après avoir été ordonné moine au Tibet. Il était né au Tibet, dans la région du Kham , dans une famille de nomades tibétains.

Le “ Rugissement du Lion ”, en tibétain Sengueï Ngaro, était le premier nom donné à cet art martial. La tradition orale mentionne que Lama Daidot a reçu un jour une transmission directement de la lionne des neiges (en tibétain "Seng").

Mais, toujours d'après la tradition orale, il semblerait qu'une grande partie des enseignements secrets du Sengueï Ngaro proviendrait d'un Togden, un ascète yogi réalisé qui résidait dans une grotte des montagnes proches. Le Lama Daidot lui aurait fait la requête d'un enseignement adapté pour la défense des moines, tout en conservant la discipline, l'éthique et la sagesse que prônaient les écoles bouddhistes des monastères tibétains.

Après le Lama Daidot, la tradition de cet art martial s'est perpétuée, à l'image des différentes écoles du bouddhisme tibétain, sous la forme d'une lignée - jusqu'à lors ininterrompue - de détenteurs de l'art des “ lama guerriers Sengueï Ngaro ”..

Le Senguéï Ngaro est un art martial traditionnel, fondé au XVe siècle au Tibet, dans la région du Kham .

Il s'est transmis sans interruption par une lignée de “ lama-guerriers ”. Depuis son fondateur, le Lama Daidot, la tradition s'est perpétuée pendant neuf générations, jusqu'à Yogi Tchouzar Pa, qui est aujourd'hui le dernier héritier du Senguéï Ngaro.

Enseigné jusqu'à lors secrètement au sein d'un monastère tibétain, le Senguéï Ngaro comprend un ensemble très vaste de formes martiales. Ces techniques de défense du corps alliées aux méditations avancées sur la nature ultime de l'esprit et des phénomènes, font partie d'un entraînement progressif qui peut prendre plusieurs années.

Mais le Sengueï Ngaro recèle également toute une philosophie particulière, indissociable d'une pédagogie unique et surprenante. Cette philosophie du “ guerrier de l'Eveil ”, prend racine dans la tradition bouddhiste ; plus particulièrement dans la sagesse vivante des lamas tibétains.

L'art du Sengueï Ngaro fait partie intégrante de la tradition culturelle du Tibet. Même si elle n'est pas incluse dans les différentes écoles du bouddhisme tibétain, cette pratique est fortement imprégnée des enseignements du dharma.

Cet art martial des lama-guerriers ne peut donc être véritablement pratiqué sans cette sagesse unique du bouddhisme tibétain.


LA MAUVAISE CONDUITE

Dans la pratique martiale du Sengueï Ngaro, l'attitude mentale est essentielle. En effet, ce qui rend l'acte bénéfique ou nuisible n'est pas son apparence, ni sa dimension, mais l'intention bonne ou mauvaise qui l'anime. Ainsi, l'attitude mentale de " l'esprit d'Eveil " (skt :Bodhicitta) est très importante dans la discipline martiale du Sengueï Ngaro. Dans le Sengueï Ngaro, respecter la vie c'est respecter, sans exception, la moindre parcelle de vie qui nous entoure. C'est une attitude naturelle.

Dans la tradition martiale du Sengueï Ngaro on s'applique essentiellement à ne pas être distrait par les objets des cinq sens, car notre conscience peut être sujette à l'erreur, à la tromperie, ou encore à l'illusion. Les enseignements du Sengueï Ngaro parlent de ces hallucinations du samsara, dues à cette conscience distraite source de toute souffrance. Songeant à l'heure incertaine de la mort, souvent causée par cette conscience distraite, un pratiquant du Sengueï Ngaro devrait plus craindre sa propre conscience distraite que le plus valeureux de ses adversaires.




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LA PRATIQUE DE L'ECHANGE

Transformer une situation d'agressivité en situation de calme dépend uniquement de notre attitude compatissante et de notre intention. Pour faire naître cette attitude compatissante on doit développer la capacité de voir l'autre comme plus important que soi. Cette attitude de bienveillance et d'ouverture nous permet alors de prendre conscience de notre ennemi et de le considérer avec compassion Si on considère notre ennemi comme plus important que soi-même alors on peut renverser toute situation d'agressivité. Avoir cette capacité de voir l'autre comme plus important que soi dépend de la force de notre compassion. Si notre compassion est véritable, et que l'on se préoccupe plus du bien être d'autrui que de son propre bien être, alors on sera capable de faire ce que l'on appelle l'échange de soi pour autrui.

Cette pratique de l'échange, nommée en tibétain tonglèn, nous permet de s'exercer essentiellement à la non agressivité et au développement de la compassion dans la pratique du Senguéï Ngaro. La pratique de l'échange amène à éliminer toute lutte, tout conflit, car elle dissout la frontière que l'on érige habituellement entre soi et autrui. Elle amène également à considérer son propre ennemi comme plus important que soi. Car notre ennemi nous permet de faire accroître nos qualités. En ne répondant pas à la colère , notre ennemi nous amène ainsi à développer la non agressivité et à éliminer la haine. Agir en lama-guerrier c'est considérer quiconque manifeste de l'agressivité et de la colère comme plus précieux que son propre corps.

Dans les " Trente sept pratiques d'un Bodhisattva ", il est dit : “ Pour un bodhisattva qui aspire aux richesses de la vertu, tout agresseur est comme un précieux trésor ... ”.

Méditation en action, le Sengueï Ngaro est une activité du bodhisattva car elle prend racine dans la compassion et la volonté de transformer une situation conflictuelle en situation de paix. Le lama-guerrier doit ainsi se comporter en bodhisattva et générer les " Quatre Incommensurables " (l'amour, la compassion, la joie, et l'équanimité). Il donne avec compassion, sans limite, sans réserve. Il donne avec une attitude d'intrépidité et de concentration, avec le courage et l'assurance d'un lion.

L'art du Sengueï Ngaro comporte des exercices spécifiques et des méditations particulières qui permettent de transformer une

situation d'agressivité, telle une attaque physique sur notre personne, tout en conservant une attitude compatissante avant, pendant et après l'action. Ainsi même si l'on prend des coups avant d'avoir pu neutraliser l'agressivité, ou que l'on se rend compte que l'on a été blessé après avoir immobilisé son agresseur, cela n'altère pas notre action et notre respiration, support essentiel de cette pratique de l'échange.



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LES SIX PERFECTIONS TRANSCENDANTES

Bien plus que d'aspirer à cheminer vers l'état de Bouddha, afin d'être capable de secourir tous les êtres et de les aider au niveau le plus subtil, le pratiquant du Sengueï Ngaro doit mettre en pratique cette attitude de compassion pour tous ceux qui souffrent. Pour cela, il devra agir en bodhisattva et cultiver les six perfections : le don, la discipline, la patience, l'effort, la concentration et la connaissance transcendante.

La pratique des cinq premières perfections amenant à la réalisation de la sixième perfection : la connaissance transcendante Cette discipline martiale prend racine dans la pratique conjointe des six perfections. En les pratiquant, on entre dans la voie véritable du guerrier de l'Eveil. C'est là la voie du courage et de l'intrépidité du Lion Rugissant, du Senguéï Ngaro.

LE DON DE LA PROTECTION


La première perfection concerne la vertu du don, de la générosité, en particulier le don de la “ non-peur ”. Il concerne une forme spécifique de don, considérée comme très élevée, visant à protéger.

Protéger la vie est identique à agir avec compassion. L'acte de la générosité n'est pas dirigé vers l'objet. C'est une attitude spontanée qui, lorsque nous ressentons la colère ou la haine d'un individu envers un autre ou envers soi-même ou que nous voyons un comportement malveillant envers une personne, il nous paraît alors vital de contrôler cette colère et de tenter d'en diminuer l'intensité. C'est là l'application et le sens du Sengueï Ngaro. L'acte de générosité ou de protection de la vie doit être un acte spontané, sans limite, libre d'entrave, libre d'artifice. En pratiquant cette forme de don cela nous apportera le courage et l'intrépidité. Si l'on s'entraîne dans l'art du Sengueï Ngaro, notre vaillance grandira peu à peu, puis deviendra comme celle d'un lion.

On peut certes agir de mille façons, mais quelle est la manière juste d'agir ? C'est pourquoi le don de la protection dans l'art du Sengueï Ngaro nécessite également le développement de la discipline, qui est la deuxième perfection. Grâce à la discipline on pourra développer véritablement un juste manière d'agir conjointement au développement de la grande compassion incommensurable.

LA DISCIPLINE MORALE

Si nous désirons cultiver la générosité et, en particulier le don de la protection, en désirant accomplir le bien d'autrui, il nous est indispensable d'y appliquer une discipline afin de s'abstenir de la non-vertu et ainsi éviter de nuire à autrui dans nos actions physiques, verbales ou mentales.

Afin que notre discipline soit la plus utile et devienne une véritable perfection de la discipline le pratiquant doit donc posséder et développer progressivement une discipline authentique qui l'abstient de nuire à autrui. Cette discipline peut être appelée discipline "morale" car elle rassemble tout ce qui est vertueux et positif et ce qui permet de secourir les êtres vivants “ Evite la sauvagerie et la précipitation, et cultive le sourire dans l'action. ” nous conseille Lama Tra, le maître de Yogi Tchouzar Pa.

Protéger ceux qui sont en danger fait partie également de cette perfection de la discipline morale.

Un jour où Yogi Tchouzar Pa s'entraînait avec son maître, Lama Tra, celui-ci, voyant que son élève privilégiait l'aspect martial dans son exécution de la forme en négligeant cette motivation essentielle, l'interrompit et lui dit calmement : “ Notre regard doit toujours être animé de bienveillance Car c'est grâce à notre ennemi que l'on peut s'éveiller ”.

Il faut comprendre par là que si des êtres agissent avec colère et que leurs actions provoquent de l'agressivité et une situation de mise en danger, c'est qu'ils sont sous l'emprise des émotions perturbatrices et de la dualité. Il est nécessaire alors de développer de la compassion pour ces êtres et faire jaillir en soi l'esprit d'Eveil, le désir de leur venir en aide et de les libérer de leurs émotions perturbatrices.

L'art martial des lamas-guerriers n'a jamais été conçu pour faire des démonstrations ou encore des spectacles comme lors des danses traditionnelles lamaïstes du losar. Cet art ne doit être utilisé que lorsque nous jugeons nécessaire de protéger ceux qui sont en danger ; nous devons les secourir en conservant une attitude bienveillante et compassionnée.

Mais libérer un être qui est sous l'emprise des perturbations, telle la colère par exemple, ne signifie pas se mettre soi-même en colère. Voire même se mettre dans une plus grande colère que l'autre, en pensant que cela va résoudre le conflit. C'est la même chose pour des paroles injurieuses : on va se mettre à en dire encore plus que l'autre, en pensant que de cette façon on en sortira vainqueur.
Il faut être très vigilant afin de ne pas se laisser entraîner dans la colère. C'est cela agir avec la perfection du don de la non-peur alliée à la perfection de la discipline morale qui consiste à venir en aide aux êtres vivants. Il ne faut pas se laisser atteindre soi-même par les perturbations d'autrui. Notre production de l'esprit d'Eveil nous permettra ainsi de résoudre avec sagesse les conflits qui nous entourent, en donnant un sens à nos actions sans enfreindre la règle de la discipline morale.

Un pratiquant du Senguéï Ngaro doit toujours agir de façon habile s'il veut venir à bout des perturbations et parachever ainsi la perfection de la discipline morale. Celui qui agit alors avec moralité à travers ses actes, ses paroles et ses pensées, peut être considéré comme un véritable pratiquant du Sengueï Ngaro, s'il sait préserver la pureté de la discipline.

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LA PATIENCE

Développer la patience permet de ne pas se mettre en colère. De nombreux obstacles peuvent surgir dans notre vie, qu'ils soient extérieurs ou intérieurs. Il nous faut donc être extrêmement patient par rapport à ces hostilités et faire des efforts pour développer cette vertu qu'est la patience. Car le véritable antidote à la colère est la patience.

Se mettre en colère contre une personne détruit non seulement toute notre énergie positive et nos mérites, mais est aussi la cause principale nuisant à l'exercice de la patience. C'est pour cela que l'on doit s'efforcer à maintenir un état d'esprit paisible, de contentement et de chérissement à l'égard des êtres, même s'ils ont un désir malveillant envers nous, ou qu'ils se mettent en colère et veulent nous abaisser, ou encore, s'ils nous mettent en danger physiquement en ayant une attitude très hostile à notre égard.

Il faut considérer l'adversité comme une aide sur la voie spirituelle. On se doit de développer l'attitude sincère qui, chaque fois que la souffrance et la négativité s'élèveront, on s'en servira comme une aide pour engendrer la vertu.

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L'EFFORT

La perfection de l'effort est caractérisée par l'enthousiasme et la joie que génère le pratiquant du Sengueï Ngaro lorsqu'il s'exerce à faire le bien autour de lui. Même lors de ses propres entraînements dans les diverses techniques martiales, il doit toujours développer naturellement cette persévérance. Quand cela ne devient pas une contrainte, un fardeau, quand rien n'apparaît inutile ou ennuyeux., alors c'est que l'on commence vraiment à générer cette persévérance enthousiaste. Pour que celle-ci nous permette de réaliser pleinement nos souhaits, il nous faudra éviter de pratiquer par intermitence ou en développant des efforts limités, et développer un effort enthousiaste. Seul cet effort, généré par l'esprit d'Eveil, pourra permettre l'accumulation des mérites et l'avènement de toute vertu. La source de l'effort est l'ampleur de notre motivation. Seule cette motivation pure d'aider les êtres nous permettra de parvenir à l'état de l'illumination.

Ainsi si l'on ne s'attarde qu'à la rudesse de l'effort, on peut certes défaillir, probablement abandonner en route, voire même faire demi tour ! Cependant, si l'on génère un effort accompagné d'une conduite vertueuse, on vaincra certainement la paresse. De cette façon on ne pourra plus faire demi-tour par découragement ou par attirance vers la futilité ou les adversités non-vertueuses.

Il arrive bien souvent qu'un pratiquant développe beaucoup d'effort et d'enthousiasme au commencement de son entraînement puis abandonne car il n'obtient pas de grands résultats. On peut comparer ce type d'effort à une forte cascade qui s'écoule de la montagne pendant une courte période, due à un violent orage. Quand un pratiquant développe par contre un effort constant et cultive avec douceur la persévérance en désirant fermement progresser jusqu'à l'atteinte de l'Eveil, qu'importe le temps et les efforts déployés qui seront nécessaires pour mener à bien ce souhait, on peut alors le comparer à une puissante rivière qui coule chaque jour, chaque nuit, chaque année sans interruption... Être patient ne suffit pas. Il faut parfaire la persévérance enthousiaste si l'on veut accumuler du mérite. Il est dit que tout comme il n'y a pas de mouvement sans vent, les mérites ne se produisent pas sans persévérance ou courage.

LA CONCENTRATION

Quand on débute l'art du Sengueï Ngaro l'esprit est le plus souvent perturbé et facilement distrait. Aussi, afin d'éliminer progressivement toute dispersion mentale il est nécessaire de développer l'attention et la vigilance. Cela permet alors de demeurer dans un état parfaitement paisible : Dans la tradition du Sengueï Ngaro, la pratique de la concentration s'effectue en plusieurs étapes. Il est recommandé au départ d'adopter une position assise correcte, le plus souvent définie en sept points ; puis de pratiquer essentiellement cette concentration dans le mouvement, dans l'action. Il y a des exercices spécifiques pour cela. Après quelques mois, voire quelques années d'entraînement, l'esprit devient graduellement plus clair et l'état de concentration s'accroît également. Cela permet de demeurer dans un état parfaitement paisible, et de ne pas sombrer dans l'agitation surtout dans l'action lorsque nous devrons faire face par exemple à une situation agressive et tendue. On développera alors la capacité de ne faire qu'un avec la situation qui se présente. Cette capacité combine différentes qualités comme par exemple l'attention, l'intrépidité ou encore l'ouverture, avec la bodhicitta.

En fonction de la situation qui se présente, notre réaction possédera diverses qualités. Si l'on cultive l'esprit d'éveil, certaines de ces qualités vont apparaître spontanément comme par exemple l'attention, l'intrépidité ou encore l'ouverture.

L'attention est la qualité de notre observation, dépouillée elle-même de toutes obstruction et de toute surcharge conceptuelle. L'attention s'acquièrt par la pratique de la méditation. Ce n'est pas une attention figée et coupée du monde. C'est une transparence de la situation qui amène une vision immédiate et authentique de la réalité.

L'intrépidité est cette attitude du lion qui est une forme d'"assurance". Habituellement, face à un agresseur, on perd ses moyens, on recherche la domination et la supériorité en bloquant la situation, en l'orientant d'emblée vers un souci de vaincre notre peur, ou notre manque de confiance. Agir avec intrépidité demande cette assurance du lion. Le lion n'a pas besoin d'extérioriser sa force ou de se montrer autre afin de s'imposer. Il n'a qu'à rugir et ce rugissement est le signe de cette intrépidité. Ce rugissement nous fait entrer directement et simplement dans la réponse spontanée, dans l'action parfaite. C'est là la vraie perfection de la concentration.

Quant à l'ouverture, c'est une façon d'être. Ce n'est pas un état de relâchement ou de torpeur. Il s'agit d'un état de présence lucide qui apporte une connaissance précise. Elle se fonde sur la confiance et la maîtrise de soi. Si on a le doute d'être submergé par la situation, ou la peur de ne pas être capable d'agir correctement, ou encore le manque de confiance dans ses capacités, alors développer l'intrépidité ne suffira pas si on ne cultive pas également l'ouverture. Etre ouvert c'est être libre de fixation, être transparent, être comme l'espace.


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LA CONNAISSANCE TRANSCENDANTE


La sagesse est l'unique moyen pour apaiser sa propre souffrance et celle d'autrui. En unissant la sagesse au calme mental on pourra alors atteindre la réalisation directe de la vérité ultime. En développant la sagesse on développe un esprit vertueux et on dissipe le doute et la confusion. Mais c'est uniquement en pratiquant la sagesse avec une motivation pure de boddhicitta que l'on peut parler de perfection de la sagesse.

Le Sengueï Ngaro enseigne divreses méthodes pour accroître la sagesse. L'une d'elle est le Yoga Tchouzar. Dans le Yoga Tchouzar on s'exerce à développer un équilibre méditatif sur la Vacuité et on appréhende ainsi la vérité ultime sans aucune apparence dualiste. On peut alors très bien distinguer avec clarté ce qui est vertueux de ce qui ne l'est pas, et ainsi savoir ce qui est à pratiquer et ce qui ne l'est pas. La sagesse nous éclaire sur le chemin de la pratique spirituelle.


DE LA COLERE A LA COMPASSION


Avant de savoir comment réagir, quelle est l'action juste, il est essentiel de comprendre pourquoi cette situation de conflit se produit. Sa Sainteté Kalou Rinpotché disait “ ce ne sont pas les armes qui font la guerre mais les gens qui les emploient ”. En effet, c'est l'esprit des gens qui produit l'agressivité, la colère et la haine. Et cette agressivité amène à la guerre, au fait de se battre. Eliminer les causes de l'agressivité n'éliminera pas la guerre : désarmer un agresseur n'éliminera pas le conflit, l'agressivité ou la colère. Il faut travailler au niveau de l'esprit individuel car c'est de cet esprit que s'élèvent les émotions.

Dans l'art du Sengueï Ngaro il y a un enseignement qui traite des différentes façons dont l'agressivité peut naître, comment elle se manifeste (à travers différentes formes et étapes) et comment y remédier, en utilisant les moyens habiles appropriés visant à transformer chaque type d'affrontement en situation de paix. L'énergie déplacée lors d'une agression peut être gigantesque et la façon dont le conflit peut être résolu dépendra de cet instant précis où la colère extrême sera transformée en compassion extrême. C'est là l'image du nuage de la haine totalement dissipé et instantanément remplacé par le ciel immaculé et lumineux.

Pour cela le geste doit être vide, non-né. Il doit être insaisissable, impermanent, il n'y a pas d'aller, pas de retour. Le mouvement est là mais si on veut l'observer, on ne le voit pas. Si on le recherche il est introuvable. Et pourtant il demeure... mais ne reste pas ! En en reconnaissant la nature ultime, vous coupez la racine de l'illusion : l'illusion d'un attaqué, d'un attaquant et d'une attaque. En établissant sa conscience dans un état vide, non assujetti à la situation et libre de toute intellectualisation, on peut alors obtenir un état de calme comme l'espace, dénué d'effort, libre des extrêmes. Pour cela il faut être sans centre ni périphérie. A cet instant, alors que les objets des six sens nous apparaissent, le son des armes, la vue de l'agresseur, etc, il faut laisser sa conscience s'illuminer d'elle-même. L'agression s'auto-libèrera d'elle même et les pensées s'évanouiront sans laisser de traces comme les vagues disparaissant dans l'eau.
# Posté le vendredi 01 juillet 2005 15:51
Modifié le samedi 20 août 2005 17:55

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