Les arts martiaux musulmans sont très peu connu, et s'il ne s'agit pas dans cet article d'en donner une liste exhaustive, nous allons cependant montrer comment certaines techniques de combat originaires d'Egypte ont survécu à travers les âges pour refleurir dans les grandes villes d'occident et du monde arabe. Il faut cependant bien souligner que certaines de ces techniques survivantes sont souvent déconnectées de la tradition martiale à laquelle elles appartenaient.
L'Iskandarâni
Prenons par exemple le fameux « coup de boule » pratiqué d'une manière offensive par certains « voyous » pour se débarrasser préventivement d'un adversaire qui n'est pas sur ses gardes, quelle est donc l'origine martiale de ce coup très efficace que l'on ne trouve presque pas dans les arts martiaux traditionnels ? Ce coup de tête est originaire d'Égypte et l'art martial « disparu » auquel il appartenait s'appelait l'Iskandarâni. Cet art martial aux origines certainement très anciennes était originaire de la ville d'Alexandrie (Iskander est le nom arabe d'Alexandre). Il était enseigné sous forme de danses (Raqs) dans le quartier populaire de Ras-El-Din. Sa pratique se décomposait sous forme de « mimes » ou intervenait quatre actions principales 1-poignarder, 2- taillader, 3-Trancher la gorge, 4-frapper avec la tête. Cette dernière technique avait pour nom « Roosiya » et il s'agit bien de ce « coup de boule » qui à survécu jusqu'à aujourd'hui... L'objectif du « Roosiya » était de donner des coups extrêmement violents en utilisant le poids du corps. Sans aucune utilité défensive le « roosiya » avait une fonction principalement offensive...Parmi les autres techniques de l'Iskandarâni, les « danseurs » devaient aussi exécuter une figure dangereuse avec un poignard en se donnant des coups sur le corps pour montrer leur dextérité dans l'attaque des « zones de frappes ». Certains combats étaient mimés en redressant le pouce et l'index de la main pour simuler une arme blanche. Ces techniques de « mimes » existent toujours comme l'action de se passer l'index sur la gorge pour évoquer l'égorgement de sa victime. Il s'agissait là d'une « arme psychologique » utilisée par les pratiquants de l'Iskandarâni...
Le tahtib
Le Tahtib ( du mot bois à brûler) est peut-être l'art martial égyptien le plus ancien encore pratiqué. Les combattants de Tathib utilisent des bâtons mesurant 1m60 qu'ils tiennent à une ou deux mains. La tactique étant de passer la garde pour porter une attaque, ou dans le terminologie égyptienne, passer la « porte » (Bâb). Toute une série de techniques seront alors mise en jeu : frappes circulaires pour « taillader », parades pour repousser, mais surtout les feintes et les esquives. Le combat se traduit par des moments d'extrême excitation suivie par une inquiétante immobilité ou les adversaires s'épient et se jaugent en attendant la faiblesse ou le moment propice. Parallèlement à ces ces mouvements offensifs ou défensifs les adversaires vont se provoquer en utilisant des éclats de voix gutturaux dans le cadre de la chorégraphie ou par des « insultes » pour le combat réel. Une position spectaculaire consiste à sauter sur un pied, une jambe pliée à la hauteur du genou, le bâton tendu à la verticale au dessus de la tête. On retrouve cette position dans les danses de l'Égypte ancienne mais aussi dans le Shaolin chinois ou le Kalarippayat indien...
La danse de combat des nomades hamitiques
Les nomades hamitiques Beja qui vivent dans les montagnes qui longent la mer rouge pratiquent une danse de combat avec des épées et des boucliers en peau d'hippopotames ou de girafes. Cette danse polémique se retrouve de l'Égypte jusqu'à la Somalie. La technique se caractérise par l'utilisation de bonds à partir d'une position accroupie, ainsi que des parades et des esquives. La danse initiatique du fouet, voit un ancien au milieu d'un cercle de jeunes gens, faisant claquer son fouet dans leur direction. Se dérober était considéré comme un forme définitive de lâcheté et il était interdit de se marier pour ceux qui avaient échoué à l'épreuve. Bien que ces danses tendent à disparaître, elles véhiculent encore certaines traditions martiales remontant à l'Antiquité. Certains historiens ont fait remarquer que le style vestimentaire des guerriers Massaïs à certainement subi l'influence des légionnaires romains qui contrôlaient l'Égypte. Ainsi, les Massaïs portent une coiffure qui ressemble au casque romain, ils sont vêtus de toges, portent des épées courtes et ont pour armes de jet une version africaine du pilum romain...
