Et enfin le Taekwondo.....

Et enfin le Taekwondo.....

Le Taekwondo est un art martial aux sources très anciennes. Sa version moderne telle que nous la pratiquons bénéficie d'un héritage riche en enseignements.

Au début de l'ère chrétienne, la Corée est séparée en 3 royaumes rivaux : Koguryo, Sylla et Pakje. Pour faire face à ses adversaires, chacun des royaumes crée un art de combat. L'état de Koguryo devint le plus puissant et en effectuant la synthèse de son art avec celui des territoires placés sous sa domination, il crée le Taekyon, l'ancêtre direct du Taekwon-do. On a retrouvé des peintures murales et des fresques de la dynastie Koguryo représentant des combattants à mains nues pratiquant des techniques similaires au Taekwondo contemporain. Selon le même processus, l'état Sylla créera plus tard le Hwarang-do, dont le nom provient d'une caste guerrière érudite équivalente à nos chevaliers du Moyen-Age, les hwarangs (garçons fleurs). Au VIIème siècle, le royaume de Sylla prend le dessus sur ses rivaux et forme le premier royaume unifié de Corée.

Au XIIIème siècle, la Corée est envahie par les mongols et rattachée à la Chine, aussi les arts martiaux chinois et coréens se côtoient et s'influencent mutuellement pendant près d'un siècle. Le retour à l'indépendance popularise le Taekyon rebaptisé Subak. Cet art tombe peu à peu en désuétude au fil des siècles. Rattachée au Japon en 1910, la Corée fut occupée jusqu'en 1945. Avec l'arrivée de l'armée japonaise, le Karaté s'introduit en Corée et connaît un très grand engouement, les arts martiaux coréens étant déclarés illégaux et enseignés clandestinement. Pendant cette période d'occupation ils incorporèrent aussi des éléments et des techniques purement japonaises. A la libération de la péninsule coréenne, les coréens abandonnent le Karaté pour revenir à leurs arts martiaux originels, plusieurs Maîtres ouvrirent des écoles ou Do-Jangs et reprirent l'enseignement des méthodes anciennes de combat à mains nues.

Dès 1955, le gouvernement sous l'influence du Général Choi Hong-Hee décide d'unifier tous les arts sous un même nom. Le 3 septembre 1959, le Taekwondo moderne est officiellement né.

En 1962 la Korean Amateur Sports Association reconnu la Korean Taekwondo Union et en 1965 le nom est devenu Korean Taekwondo Association (K.T.A.). Le Général Choi était président de la K.T.A. et démarra la branche I.T.F. comme la branche internationale de la K.T.A.

Le Taekwondo est enseigné aux policiers, aux militaires et aux étudiants. En 1962, le Tae Kwon Do devient officiellement sport national de la République de Corée.

Des démonstrations furent données tout autour du monde. En 1973, La World Taekwondo Federation (W.T.F.) était fondée. En 1980, La W.T.F. fût reconnue par le comité olympique international (C.I.O.)

Le Centre Mondial du Taekwondo est construit à Séoul au début des années 70. Des experts coréens sont envoyés de part le monde pour développer et enseigner le Taekwondo à l'échelle internationale, avec le succès et le rayonnement qu'on lui connaît aujourd'hui.

Depuis, en 1988 et 1992, il a été sport de démonstration aux Jeux Olympiques. En 1994, il a été déclaré sport olympique et sera une épreuve en l'an 2000 à Sydney.

Le Taekwondo est donc un art martial de synthèse, qui a puisé dans ses racines ancestrales et qui a intégré le meilleur d'autres arts martiaux pour s'enrichir et gagner en efficacité.

Le Taekwondo dans le monde

Plus de 160 pays sont affiliés à la World Taekwondo Federation (W.T.F). Il y a 30 millions de pratiquants sur 5 continents dont 2 millions de ceintures noires. Depuis la création en 1973 de la W.T.F., on compte 30 championnats continentaux, 8 coupes du monde, 6 championnats du monde universitaire, 8 championnats du monde militaire, 2 olympiades, 14 jeux d'Asie, 15 jeux panaméricains et 4 jeux mondiaux.
# Posté le lundi 27 juin 2005 17:20
Modifié le jeudi 18 août 2005 15:27

Le Japon, Le Karaté

Le Japon, Le Karaté
L'origine

Le karaté est un art du combat à mains nues ayant puisé ses origines dans des techniques de boxe chinoise qui furent diffusées par les moines guerriers du temple de Shaolin lors des persécutions du XVIème siècle. Cette méthode de combat, appelée à l'époque "Wu Xing Chuan" fut introduite dans les îles Ryû Kyû vers l'an 1500.

Histoire

L'Okinawa-Te, ancien nom du karaté, qui signifie "la main vide", se développa rapidement au sein de la population lorsque 300 000 samouraï du clan Satsuma envahit l'île en l'an 1609 sur l'ordre du Shogun. Afin d'éviter les révoltes de la part des habitants, le Seigneur interdit le port de tout arme blanche sur l'île.

C'est à cette époque que l'Okinawa-Te fut utilisé pour combattre l'envahisseur avec des techniques rigoureuses et très efficaces. Les habitants s'entraînaient la nuit en secret, formant leur corps et leur esprit au combat.

Naissance du karaté d'Okinawa
(l'ile d'Okinawa se situe entre Taiwan et le Japon)

Comme ce fut le cas de la capoeira noire à l'encontre des oppresseurs en amérique latine, les techniques d'Okinawa-te et de Tigua (Ko-budo) s'intégrèrent dans les danses traditionnelles pour tromper le contrôle des occupants.

En l'an 1733 naquit à Shuri, Teruya Kanga, qui fut considéré plus tard comme le père fondateur de l'ancienne technique Okinawaienne de combat à main nue. Il entra dans l'histoire sous le nom de Tode Sakugawa. Grâce à plusieurs voyages qu'il effectua en Chine pour travailler ses connaissances de l'art, il put étudier et former différents disciples à son retour sur l'île d'Okinawa.

A partir du XIXème siècle, l'Okinawa-Te se structure enfin. Plus nombreux sont les experts qui travaillent ensemble dans la même voie du combat. Parmi eux, un nom que l'on retiendra, celui de Sokon Matsumura. C'est lui qui fut le premier Maître officiel à jeter les bases d'une véritable école de karaté Okinawaienne, le Shuri-Te.

En 1868 commence une nouvelle période de l'histoire d'Okinawa avec la montée sur le trône impérial du jeune Mutsu-Hito. C'est une véritable rupture avec un passé féodal. Pour l'Okinawa-Te, c'est la fin de la clandestinité et de son utilité guerrière. En l'espace de 20 ans la motivation dans la pratique de l'art mortel des Ryû Kyû changea. Celui-ci se transforma lentement de technique guerrière en technique éducative, passant notamment par le maître Anko Itosu qui introduisit l'Okinawa-Te à l'école en 1902.

A partir du XXème siècle, de nombreuses écoles de karaté commencèrent à se distinguer sur l'île d'Okinawa et ce grâce à la formation de nouveaux élèves et aux fusionnements de différents styles. A cette époque, les trois styles de karaté majeurs sont le Shuri-Te, le Naha-Te et le Tomari-Te. Ces différentes tendances donneront plus tard naissance aux styles de karaté que nous connaissons aujourd'hui.

A notre époque les quatres principaux styles de karaté sont:

Shotokan (la maison dans l'onde des pins)
Wado-Ryu (la voie de la paix)
Shito-Ryu (l'école du fil de l'ouest)
Goju-Ryu (l'école du dur et du souple)
Premier voyage du karaté

Il faudra attendre l'an 1916 pour que plusieurs maîtres de l'Okinawa-Te acceptent de démontrer publiquement leur art qui jusque là était resté secret. L'histoire retiendra le nom de Gichin Funakoshi qui partit le premier au Japon afin de démontrer son art lors d'une manifestation importante organisée par Jigoro Kano, fondateur du Judo. Le public japonais fut émerveillé par ce nouvel art du combat qu'il ne connaissait pas. En l'an 1922, la première école de karaté dirigée par Gichin Funakoshi ouvra ses portes à Tokyo. C'est à cette époque également que le nom de Okinawa-Te fut changé en celui de karaté afin de rompre la tradition chinoise face aux japonais.

Transmission

Sur le plan de la transmission, ce sont les années 30 qui constituent le point de diffraction de l'évolution du karaté à Okinawa. Ils existent à Okinawa de nombreux dojos de karaté, ceux-ci se situent dans deux grands courants traditionnels: le Shuri-Te et le Naha-Te.

Les trois écoles Shorin-Ryu, Gôjû-Ryu et Ueshi-Ryu sont considérées comme les plus importantes. Voici les styles de karaté majeurs qui existent de nos jours.

Le karate s'est répandu en Europe occidentale après la Seconde Guerre mondiale et les américains s'en inspirèrent pour la création du full contact. Les premiers championnats du monde de karaté se déroulèrent à Tokyo en 1970, et c'est à cette occasion que fut créé la fédération internationale de karaté (WUKO, World Union of Karate Organizations). Il y a actuellement plus de 250 000 licenciés en France. Les karatéka seraient environ 15 millions dans le monde entier.

D'art de guerre, le Karaté est devenu un sport qui peut se pratiquer en compétition, tout en restant une méthode violente de self-défense.
# Posté le lundi 27 juin 2005 17:43
Modifié le jeudi 18 août 2005 16:40

L'Aikido

L'Aikido
Les origines de l'Aikido

L'Aïkido que nous pratiquons aujourd'hui trouve ses origines dans le Daïto Aïkijutsu qui, dit-on, fut fondé par le prince Taïjun, 6ème fils de l'Empereur Seiwa (850-800 après J.C.). Par l'intermédiaire de son fils Tsunemoto, l'art fut transmis de génération en génération au sein de la famille des Minamoto.
Lorsque l'art fut transmis à Shinra Saburo Yoshimitsu, jeune frère de Minamoto Yoshie, il semble que les fondations techniques de l'Aïkido actuel étaient déjà établies.
Le deuxième fils de Yoshimitsu, Yoshikiyo qui vivait à Takeda (province de Kaï dans le centre du Japon) prit le nom de cette province et les techniques enseignées vinrent à être connues sous ce nom.
En 1574, Takeda Kunitsugu déménage à Aïzu et c'est ainsi que les techniques transmises à ses descendant vinrent à être connues sous le nom de Aïzu-Todome-Waza.
Toutefois, l'art restait exclusivement le privilège des Samuraï et il était pratiqué de facon restreinte, à l'intérieur du clan et de la famille, jusqu'à ce que le Japon émerge de la période féodale à partir de l'ère Meiji (1868).
C'est à cette époque que Takeda Sokaku Senseï, alors chef du clan, commença à divulguer l'art en dehors du clan en voyageant très largement dans tout le Japon pour finalement s'installer à Hokkaïdo.
Son fils, Takeda Tokimune Senseï, ouvrit un Dojo à Abashiri où il perpétua et développa l'Aïkijutsu en tant que représentant de l'école Daïto.

Parmis les élèves remarqués de Takeda Sokaku Senseï, se trouvait Ueshiba Morihirei, homme d'une rare habileté qui développa et maîtrisera l'art qu'il nous a légué sous le nom d'Aïkido.

Sensei Morihirei Ueshiba
Biographie complète

Maître Ueshiba est né de Yokoru et Yoki Ueshiba le 14 Décembre 1883 à Tanabé au Japon. C'était un enfant de faible constitution et souvent malade, mais très intelligent. Il étudie le chinois et la religion Bouddhiste sous la direction d'un prêtre Zen. Il porte un intérêt marqué à la prière et la méditation. Pour se renforcer physiquement, son père le pousse à pratiquer le Sumo et la natation dès l'âge de 10 ans.
En 1901, il part à Tokyo, où il ouvre une librairie papeterie. Il étudie le Ju-Jutsu au Kito-ryu, et le Ken-Jutsu au Shinkage-ryu. De nouveau malade, il retourne à Tanaka. Quelques temps plus tard, il épouse Itogawa Hatsu.

A 20 ans, il part s'engager dans un régiment d'infanterie, où il apprend le combat à la baïonnette. Il quitte l'armée en 1906, et retourne à Tanabé.

En 1910, le gouvernement japonais lance un projet pour repeupler Hokkaido. Ueshiba décide de partir en 1912 avec sa famille et un groupe de 80 personnes. Ils fondent la ville de Shirataki. La vie est très dure, l'hiver très long, les récoltes mauvaises. Mais la détermination de Ueshiba motive les colons. C'est à cette époque que Ueshiba rencontre Sokaku Takeda, Maître de l'école Daito de Jujutsu. Ueshiba l'invite à rester chez lui pour qu'il lui enseigne son art.

En 1919, il apprend que son père est gravement malade. Il abandonne ses terres à Maitre Takeda et part pour Tanabé. En route, il entend parler de Onisaboro Deguchi, un grand maître spirituel de la secte Shinto Omoto Kyo se trouvant à Ayabé , près de Tokyo. Ueshiba décide de lui rendre visite. Arrivé à Tanabé, il apprend que son pére est mort depuis 4 jours. Très peiné, il passe de longs mois à méditer et à prier. Il décide de s'installer avec sa famille à Ayabé et entre dans la secte Omoto Kyo.
Il ouvre le dojo "Ueshiba Juku" pour les adeptes de la secte. Il y développe sa propre idée du Budo. Sa notoriété grandit, et en 1923, il appelle son art Aiki-Bujutsu. Pendant cet période, il aura souvent la visite de Maitre Takeda.

En 1924, il décide de suivre Maitre Degushi en Mongolie pour fonder une communauté utopiste, centre spirituel pour l'amour et la fraternité universelle, selon les principes de l'Omoto Kyo. Six mois plus tard, après d'innombrables difficultés, le gouvernement chinois les fait emprisonner. Ils évitèrent d'être fusillés grâce à l'intervention du gouvernement japonais.

De retour au Japon, Maitre Ueshiba reprend son entraînement, développant son art, connu sous le nom de "Ueshiba Aiki-jutsu". Sa réputation s'étend à travers tout le Japon. De grands Maîtres d'Art Martiaux viennent le voir pour le défier. Jigoro Kano, le fondateur du Judo, envoie ses meilleurs élèves étudier l'art martial qui deviendra "Aikido" en 1942. Il est invité à faire de nombreuses démonstrations dans tout le Japon, et entre autres, devant la famille impériale. Il donne des cours à l'académie de police militaire.

Début de la guerre au Japon, Maitre Ueshiba part à Iwama près de Tokyo. Il y pratique l'agriculture, et ouvre un dojo, le Hombu Dojo, aujourd'hui sanctuaire de l'Aïkido.

En 1948, les américains, qui ont interdit toutes pratiques martiales au Japon, autorisent la reprise de l'enseignement de l'Aikido pour son caractère de Paix et de recherche de vérité. L'Aikikai Foundation est officiellement ouvert le 9 Février, dirigé par Kisshomaru Ueshiba, son troisième fils.

En 1969, Maître Ueshiba tombe malade. Il meurt le 26 Avril. Deux mois plus tard, Hatsu, sa femme, meurt à son tour.

Developpement de l'Aikido a travers le monde

Le développement international de l'aïkido n'a commencé qu'après la fin de la Seconde Guerre mondiale. L'aïkido pratiqué aujourd'hui découle plus d'interprétations de professeurs célèbres que de l'art du fondateur lui-même. Ces enseignants réputés, tels que Gozo Shioda, Koichi Tohei, Kisshomaru Ueshiba, Kenji Tomiki et Minoru Mochizuki, tous disciples avancés de Morihei Ueshiba, introduisirent progressivement leurs modifications personnelles entre le début des années cinquante et la fin des années soixante. Aujourd'hui, ces formes dérivées de l'aïkido présentent chacune des caractéristiques distinctes et uniques. L'existence de différentes interprétations de l'aïkido s'explique principalement par le contexte historique, notamment la Seconde Guerre mondiale, par la longue retraite du fondateur à Iwama, par son âge avancé à l'époque du début de la popularisation de l'aïkido, et par le fait qu'il ne participait pas aux activités d'organisation et d'administration.

Kisshomaru Ueshiba est l'actuel Doshu, ou Maître de la Voie. Il continue, avec l'aide des grands maîtres à travers le monde, à développer l'Aïkido, et à diffuser l'esprit de Maître Ueshiba dans son message de Paix.
# Posté le lundi 27 juin 2005 18:01
Modifié le jeudi 18 août 2005 16:45

Le Ju-Jitsu

Le Ju-Jitsu
Le ju-jitsu, étymologiquement "art de la souplesse", est l'un des plus vieux arts martiaux japonais et le plus représentatif. Son origine lointaine est difficile à situer et son histoire reste vague malgré les recherches entreprises par les vieux maîtres nippons et ceci pour deux raisons :

d'une part, l'enseignement était dispensé naguère selon la tradition orale et dans le plus grand secret,

d'autre part, les quelques écrits de l'époque qui ont pu être retrouvés ( parchemins appelés "makimonos") sont à la fois extrêmement rares et difficiles à déchiffrer.

Le principe même du ju-jitsu, un minimum d'énergie pour un maximum d'efficacité, semble vieux de plus de 20 siècles, bien que le nom n'apparaisse dans les écrits qu'à partir du 10ème siècle. Mais à l'origine, il s'agissait d'une forme de combat assez fruste, le bu-jutsu (technique de guerre) qui devait s'affiner et se diversifier au fil des siècles en profitant de l'expérience acquise à l'occasion des combats.

C'est ainsi que s'est élaboré et codifié progressivement le bugei (méthode codifié de combat) et que sont apparues, les premières écoles (ryus) avec chacune leurs orientations et leurs particularités.

Au début du 17ème siècle, le combat à mains nues progresse et est systématisé pour devenir un réel moyen d'autodéfense qu'on appelle ju-jitsu, art de frapper, étrangler et luxer les articulations. On compte alors plus de 100 écoles qui se spécialisent chacune par des approches différentes de la technique vers des formes de défense spécifiques.

Parmi ces écoles, les plus représentatives ont été les suivantes : Daïto-ryu, Hakutsu-ryu, Jukishin-ryu, Kito-ryu, Kushin-ryu, Yoshin-ryu, Shibukawa-ryu, Sekiguchi-ryu, Shi-no-shindo-ryu, Miura-ryu, Tenjin-shinyo-ryu, Takenouchi-ryu, Soskinshitsu-ryu, Tatsumi-hozan-ryu, Genkaï-ryu, Yagyu-shingake-ryu.

Concernant l'origine de l'école Yoshin, un récit rapporte comment l'essence profonde de ju-jitsu fut découverte un jour par un moine bouddhiste nommé Shirobeï Akiyama qui recherchait sa propre voie pour la défense après avoir longuement étudié les techniques de combat chinoises.

Au cours d'une promenade méditative d'hiver, alors que la neige tombait abondamment, il observa de nombreux arbres dont les branches s'étaient brisées sous le poids de leur fardeau. Au milieu d'eux se trouvait un osier, sur lequel les flocons ne pouvaient s'accumuler, tant les branches se pliaient docilement sous la charge pour se redresser vivement ensuite. Ce fut pour lui l'illumination. S'inspirant de cette précieuse leçon, il mit au point les techniques qu'il enseigna à l'école Yoshin-Ryu "école du courage de l'osier".

Si sur la forme, c'est-à-dire sur le plan externe, la création de multiples écoles a eu pour effet une diversification des techniques, elle n'a jamais porté atteinte à l'aspect interne de la discipline, duquel résulte l'efficacité véritable du pratiquant. Quelle que soit l'école à laquelle ils appartiennent, les combattants sont tous animés de la même force spirituelle (Shin) qui seule permet de maîtriser totalement le corps en vue d'une finalité déterminée.

Mais les interférences entre écoles ont eu par la suite un effet inverse : les différentes écoles ont perdu leur originalité, chacune cherchant à juxtaposer les techniques de l'autre sans qu'il y ait toujours un fondement ou une motivation personnelle.

Vint alors la restauration impériale qui vit se répandre l'usage des armes à feu. Et le ju-jitsu entre dans une période de désintérêt général ainsi que la plupart des vieux arts martiaux en raison de son inefficacité relative, comparée à celle des arts modernes.

C'est alors qu'une troisième évolution va se dessiner dans l'histoire de l'art souple. Le bugeï qui avait succédé au bu-jitsu devient alors budo (voie du guerrier).

Alors que les formes anciennes tombent en désuétude, des écoles modernes apparaissent. Utilisant le même support technique, elles transposent l'art du guerrier vers une finalité non violente. L'objectif n'est plus désormais de vaincre, car il n'est plus vital de se défendre, mais d'acquérir une maîtrise de soi et un mental semblables à ceux des anciens samouraïs.

Utilisant les formes de défense comme moyen technique, en conservant l'héritage culturel qu'elles représentent, les budos modernes deviennent des systèmes éducatifs, parfois même des écoles de vie. Par leur pratique l'homme moderne apprend à connaître ses limites puis à les dépasser. Petit à petit, il maîtrise ses faiblesses et le but ultime de chaque pratiquant est d'atteindre l'unité corps-esprit.

Ce changement de conception est intervenu à la fin du 19ème siècle et au début du 20ème siècle. C'est ainsi qu'en 1882, est né le judo d'une synthèse faite à partir des écoles Tenjin-shinyo-ryu et Kito-ryu par Soke Jigoro KANO (Soke signifie maître fondateur). L'aïkido est créé en 1943 par Soke Morihei UESHIBA à partir des techniques du Daïto-ryu, Kito-ryu et Yagyu-shinkage-ryu.
# Posté le lundi 27 juin 2005 18:15
Modifié le jeudi 18 août 2005 16:57

Le Judo

Le Judo
La préhistoire du Judo

Le JUDO à pour ancêtre le JU-JITSU, en effet Jigoro KANO était un spécialiste
du ju-jitsu qu'il avait étudié dans plusieurs écoles et dont il a extrait les techniques
de projection et de contrôle que nous connaissons actuellement.

L'histoire du Judo dans le monde

Jeune, Jigoro Kano,était petit et chétif tant et si bien que se camarades se moquaient de lui en permanence.
Il reçut le sabre des samouraï à 10 ans, juste avant que l'empereur Meiji n'en interdise le port.
Du fait de sa santé fragile, Jigoro Kano decida de s'adonner au sport pour se développer le corps. Ce fut d'abort la gymnastique et le base-ball, sport pour lequel il créa le premier club du Japon en 1878.
Il ne commença l'étude du ju-jitsu qu'a l'age de 17 ans au moment de son entrée à l'université de lettres, avec le maître Hachinosuke Fukuda au sein de l'école Tenjin-shinyo-ryu dans laquel il découvre l'Atemi-waza et les Katame-waza. Jigoro Kano allait au Dojo tous les jours.
A l'époque, les judogi avaient des manches courtes et les pantalons ressemblaient à des bermudas. Les entraînements étaient très rudes et Jigoro Kano en revenait souvent couvert d'ecchymose et d'égratignures. Mais jamais il ne se serait plaint.
Il devint plus fort et résistant, mais restait petit et léger. Aussi essayait-il de bien étudier les autres pratiquants sur leurs techniques et leurs déplacements afin de mettre au point des techniques lui permettant de les vaincre.
Ainsi, dans le cours de maître Fukuda, il y avait un élève, Kenkichi Fukushima qui pesait près de 90 kilos. Après l'avoir bien observé, il lui demanda à la fin d'un cours si il acceptait de le rencontrer. Il le projeta, malgré son poids, de façon spectaculaire avec une technique qu'il venait de mettre au point, KATA GURUMA.
A la mort du maître Fukuda, Jigoro Kano, entre à l'école Kito-ryu, ou il découvre un esprit que ne le quittera plus et qu'il inclura plus tard dans sa propre méthode. Il s'agit d'un principe : (Minimum d'énergie, maximum d'efficacité) ou (utilisation efficace de l'énergie (SEIRIOKU ZENYO).
Dans le même temps, Jigoro Kano, que sa soif de connaissance dévorait, fréquentait les bouquinistes et achetait tous les vieux manuscrits qu'il pouvait trouver. Il put ainsi se procurer des documents originaux d'autres écoles.
Il apprit les techniques du Sumo et redécouvrit l'ancien art des saisies (Kumi uchi) qui aboutira au travail primordial du Kumi kata en Judo.
De toutes ses recherches et études, il fit une synthèse et décida de créer son propre Dojo. Ceci se fit en 1882, à coté du petit temple shintoïste d'Eisho-ji ou il avait élu domicile.
Ce Dojo comptait 12 tatamis (env. 24m²) et 9 disciples venaient y étudier dont Shiro Saïgo qui allait bientôt devenir très célèbre. Il nomma cette école le KODOKAN.
La réputation de l'école ne tarda pas à se propager . Cela rendait jaloux les maîtres des anciennes écoles.
A l'époque, la coutume était de se lancer des défis entres écoles concurrentes afin de prouver son efficacité par rapport a l'autre. La tradition pour les vainqueurs étant d'emporter l'enseigne des vaincus,le dojo de ces derniers perdait presque tout ses élèves.
Ainsi, l'école du maître jigoro Kano gagna bien des défis qui lui furent lancés par bon nombres d'autres écoles.
Le dojo ne cessa de s'agrandir et de déménagements en déménagements, passa de 12 tatamis à 167 tatamis en l'espaces de 7 années.
Le Judo du Kodokan est reconnu en peu de temps comme excellent et efficace depuis que ses étudiants ont vaincus des athlètes d'autre écoles de Ju-jitsu et des brigades de polices spéciales rompus au bujitsu. La plus célèbre rencontre a laquel ont participe les élèves de Kodokan, est celle organisée par la préfecture de police de Tokyo.
Shiro saïgo avait été désigné pour combattre avec Entaro Koshi, une sorte de géant patibulaire surnommé le démon de l'école TOKUZA. Saïgo esquivait simplement les attaques de Koshi et semblait se moquer de ses tentatives pour l'atteindre.
A un moment pourtant Koshi trouva l'ouverture et réussit a attaquer Saïgo. Il le souleva a hauteur de ses épaules et le projeta a terre de toutes ses forces. Mais Saïgo que l'on surnommait "le chat" était tellement agile qu'il réussit a retrouver son équilibre au milieu de sa trajectoire et se retrouva a nouveau debout face a Koshi.
Le démon de l'école TOKUZA eut une seconde de stupeur que saïgo mit a profit, il fit basculer par dessus son épaule avec une projection devenue célèbre mais aujourd'hui plus utilisée, "YAMA-ARASHI"
Ceci était réellement le premier pas de sa fulgurante ascension. Jigoro Kano présente le Judo comme un exercice physique accessible à tous.
Il procède avec l'organisation du Kodokanà l'éllaboration des règlements du Judo, Il devient le premier membre asiatique du Comité International Olympique (CIO) en 1909 et travail pour le développement du Judo dans le monde entier.
Le Judo devient sport invité aux J.O de 1964 a TOKYO, Supporté par tous les fans de Judo de la planète.
Il devient enfin sport officiel du programme Olympique aux J.O de 1976 à MONTRÉAL.
C'est maintenant un sport très populaire partout dans le monde.

Les dates importantes

1900 - 1910 : Apparition du JUDO en Europe;
1909 : Mr KANO, premier Japonais membre du C.I.O.
1948 : Création de l'Union Européenne.
1952 : Création de la Fédération Internationale de JUDO.
1956 : 1er championnat du monde de JUDO.
1964 : Le JUDO, sport invité aux J.O.
1972 : Le JUDO, inscrit définitivement comme sport olympique.

Le Judo en France

On peut dire qu'en France il y a deux périodes pour le JUDO et le JU-JITSU :
L'avant KAWAISHI et l'après KAWAISHI.

1 - Avant KAWAISHI :
En 1904, Ernest Régnier, qui se faisait appeler RE-NIE, ouvre rue de Ponthieu à Paris, une salle ou il enseigne un mélange de lutte et de ju-jitsu.
IL avait étudié à Londres dans une école japonaise. L'évènement qui allait donner le premier élans au ju-jitsu, fut un combat
qui eut lieu en 1905 le 26 octobre, en plein air, sur la terrasse de l'un des bâtiments de l'usine de carrosserie Védrien à Courbevoie Ernest Régnier a 36 ans, il pèse 63 kilos et mesure 1m 65, son adversaire, Georges Dubois, maître d'arme et de boxe, est également professeur d'escrime et sera maître d'arme a l'opera-comique de Paris. Il mesure 1m68, pèse 75 kilos et est âgé de 40 ans.
Après le traditionnel "Allez messieurs!" de l'arbitre, le combat commence, les deux hommes s'observent. Sur une feinte de RE-NIE, Dubois attaque par un chassé bas que RE-NIE esquive.S'ensuit un corps a corps qui continu au sol ou Dubois essaye d'étrangler RE-NIE, mais celui-ci se saisit du poignet de Dubois et lui porte une clé appelée JUGI GATAME.
Dubois s'avoue vaincu, le combat as duré moins de 30 secondes. Au lendemain de sa victoire, RE-NIE reçoit un grand nombre de demandes pour écrire un livre sur le Ju-jitsu de la part de nombreux hommes de lettres. Guy de Montgrillard vas ainsi participer a la rédaction d'un livre appelé "Les Secrets du Jiu-jitsu" RE-NIE devient professeur de Ju-jitsu dans le club du professeur Edmond Desbonnet sur les champs Elysées, le succès est immédiat, et toute l'aristocratie parisienne
veut apprendre cette méthode qui permet a un homme de 50 kilos de terrasser un colosse de près de 2 fois son poids.
Cet engouement se terminera de la même manière qu'il a commencé, par un combat ou RE-NIE est agressé sournoisement lors d'une démonstration par Witzler, un lutteur professionnel qui lui porte un coup de tête qui projette RE-NIE au tapis la figure en sang.Le combat suivant entre 2 instructeurs Japonais de Londres, n'est pas fait pour arranger les choses, un des deux hommes attrapant le second par les organes prouvant sa virilité et le contraignant a l'abandon.
Ce geste ne fit rien pour la "grandeur" du ju-jitsu, bien au contraire, les débordements survenus dans la salle a la suite de cette action, poussèrent la préfecture a réglementer les combats de Ju-jitsu : les combats entre Japonais sont interdits.
Peut a peut, le Ju-jitsu retombe dans l'anonyma.

2 - Après KAWAISHI :
Il faut attendre 1932 et une conférence de Jigoro Kano pour que tout recommence.
Moshe Feldenkrais, ingénieur et chercheur, passionné d'arts martiaux assiste a cette conférence et présente au maître, un livre qu'il a écrit sur le Ju-jitsu.
En 1934, les deux hommes se rencontre à nouveau.
En 1935, M. Feldenkrais, conscient des lacunes dont lui et ses amis souffrent, fait venir d'Angleterre le maître KAWAISHI alors 4ème DAN, pour y enseigner le Judo au sein d'une section d'un club de gymnastique et de culture physique réservé a des élèves de confession juive.Le Ju-jitsu Club de France était né. dont Jigoro Kano est le président d'honneur. Les pionnés du Judo en France sont des intellectuels, chercheurs ou journalistes tels : Feldenkrais, I. et F Joliot-curie (Secrétaire Générale), Biguart, Bonnet-maury (Président), C. Faroux
A la demande du maître KAWAISHI, cette section fut immédiatement ouverte aux élèves de toute confession.Cette section siégeait au 62 de la rue Beaubourg.
Très rapidement, un second club ouvrit ses portes le 22 février 1936 rue thénard toujours a Paris, dans le quartier latin, c'était le club Franco-Japonais.
En septembre 1939, lorsque la guerre éclate, M Feldenkrais doit rejoindre l'Angleterre
M. KAWAISHI regroupe les deux clubs en un seul et prend en main la destinée du JUDO en France.
La guerre de 39-45 freine un peut le développement du JUDO en France sans le stopper.
Dès 41 le JUDO s'organise : il devient une section de la fédération Française de Lutte.
Le 30 mai 1943, a lieu le premier championnat de France à PAris salle Wagram, un championnat sans catégorie de poids et d'âges. Cette compétition attire 3000 spectateurs et draine 19 fois plus importante que celle réalisé au dernier national de lutte.
Le 9 mai 1944, Un mois a peine avant le débarquement en Normandie, se déroule les second championnats nationaux au palais des glaces a paris.
M. KAWAISHI, est contraint de rejoindre le japon qui vient de rentrer en guerre, non sans réunir ses plus anciens élèves en leurs faisant promettre de rester unis et de s'entrainer le plus souvent possible sans abandonner le JUDO.
Le collège allait naître de cette réunion, collège dont les statut seront déposés en Novembre 1947.
Avant la fin de la guerre, des clubs se sont ouvert à Paris et en banlieue, comme
Le Club st Honoré avec London, Opéra avec Lamotte, Cercle Sportif avec Mercier et Andrivet, St Martin avec Peltier, JC Nanterre avec de Herdt.
Le 5 décembre 1946, le journal officiel publiait la naissance de la fédération française de Judo. En 1948 M. KAWAISHI rentre en France et doit s'accommoder des nouvelles structures la Fédération et le CNCN étant nés pendant son absence.
L'année 1951 fut décisive pour l'histoire du JUDO. La France adhère à l'union européenne, puis organise les championnats d'Europe a paris au Vel d'Hiv devant 12000 spectateurs et la même année voit la fondation de la fédération internationale.
S'en suivirent quelques dissensions qui rappelles celles que dut subir Jigoro Kano à ses débuts et qui s'èstompères rapidement même si la divergence des styles et des opinions existent encore, cela fait la richesse du JUDO.

Les dates importantes

1933 : Première conférence sur le JUDO de Mr KANO en France.
1935 : Arrivé de Mr KAWAISHI.
1936 : Fondation du Ju-jitsu Club de France.
1941 : Création d'une section JUDO a la fédération Française de lutte.
1943 : Premier championnat de France.
1944 : Départ de Mr KAWAISHI.
1947 : Création de la fédération française de Judo et Ju-jitsu.
1948 : Retour de Mr KAWAISHI.
1950 : Création de la revue Judo.
1951 : Adhésion de la France à l'union Européenne.
Premier championnat d'Europe à Paris.
Fondation de la Fédération Internationale.

1955 : Création du diplôme d'état de professeur de JUDO.
1957 : Scission entre la F.F.J et le C.C.N.
1961 : 3ème championnat du monde à Paris.
1967 : Sortie de la progression Française d'Enseignement du JUDO.
1971 : Arrêté ministériel créant le comité national des grades du Judo et réunification du Judo
# Posté le lundi 27 juin 2005 18:26
Modifié le jeudi 18 août 2005 17:03